Bonjour ! Je te resouhaite la bienvenue pour ce second numéro de Toss A Coin To Your Writer ! Aujourd’hui nous accueillons Amélie C Astier, une autrice hybride de romances en tout genre depuis près de dix ans. Elle a écrit et co-écrit une cinquantaine de roman du haut de ses vingt-trois ans ! Nous avons parlé de son nouveau roman Salvation, qui parle notamment de sorcellerie. Bonne écoute !

Pour des besoins de praticité, tu as sous les yeux une transcription résumée et plus succincte de notre échange. Pour les blagues et les petites anecdotes avec Amélie C Astier, c’est sur le podcast qu’il faut se rendre !

La lecture selon Amélie : 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis Amélie C Astier, je suis une grande lectrice et également autrice de romance depuis plus de huit ans. J’adore également les séries et le cinéma !

Parle-nous de ton tout premier roman, de ton parcours (scolaire, professionnel etc.)

J’ai commencé l’écriture très jeune, à treize ans. J’ai longtemps évolué dans le milieu de la fanfiction avec ma co-auteure, Mary Matthews. On s’est ensuite dit « pourquoi pas se lancer ? » dans notre propre univers. Notre premier roman « Vampre & Rockstar » mêlait paranormal et musique. J’avais 16 ans. Quand je suis rentrée au Lycée, mon rythme a été chamboulé. Je voulais vivre de l’écriture mais c’était compliqué. J’ai passé le bac à domicile avec le CNED à domicile. C’était la meilleure décision pour moi. J’ai pu réviser mon bac et écrire pour moi-même. Et j’ai eu mon bac ! De base je voulais faire des études en fac en sciences politique mais la fac ne me correspondait pas. Donc à 18 ans je me suis lancée à plein temps dans l’écriture en auto-édition en montant mon entreprise.

J’ai eu la chance d’être très entourée, de mes proches et de mes parents. On m’a appris à tenter pour ne pas avoir de regret. Je pensais devenir infirmière et finalement je suis auteure (rires) ! Ça sert aussi pour les manuscrits.

Avec Mary, on a commencé par écrire de plus en plus en solo tout en collaborant ensemble. L’auto-entreprise m’a professionnalisée. Je me suis donnée la peine de réussir pour ne pas retourner sur les bancs de la fac. À l’époque, c’était plus facile de se faire sa place/se démarquer, il y avait moins d’auto-édités.

On était passées par Amazon, mais ça démarrait. Il y avait pas encore l’impression à la demande. On a commencé avec Lulu.com mais la qualité n’était pas là. On ne touchait même pas une euros par exemplaire, les marges étaient très importantes du point de vue des prestataires. Kindle et KDP ont été des révolutions.

Quelle est ta relation avec la lecture ?

J’ai la même relation passionnée qu’avec le fromage et chocolat : intense et dévorante. C’est mon hobby préféré. Pour me détendre, je vais tout de suite aller vers un bouquin. Je n’imagine pas ma vie sans lecture. J’ai grandi avec Harry Potter, c’est vraiment LA SAGA qui donne envie de lire. C’était la révélation de ma vie : j’ai découvert qu’avec un livre on ne s’ennuyait jamais. Mes parents m’ont toujours laissée tout lire. C’est comme ça qu’on lit 50 Nuances de Grey à 13 ans haha ! J’essaye de lire au moins une heure tous les jours, le plus souvent la nuit avant de dormir.

En tant qu’auteure, c’est La Confrérie de La Dague Noire qui m’a donnée envie d’écrire. Après avoir lue les sept tomes j’ai découvert le monde de la fanfiction. On s’est challengées à écrire la suite. L’univers touche à la Bit-lit : donc un‧e héro‧ine qui évolue dans un monde paranormal, avec des scènes assez adultes ou crues.

Le roman le plus drôle de ta bibliothèque ou celui qui t’as fait le plus pleurer ?

L’Ours, La Loutre et le Moustique est une romance MM (homoromance) vraiment trop drôle et barrée ! L’auteur fait passer de très beaux messages. Après mes livres préférés sont ceux qui font pleurer : ceux qui nous laissent en sanglots à 3h du mat’ avec un pot de glace. Dernièrement, j’ai adoré Le Chant d’Achilles.

[Interlude du jeu de l’interview Inception à retrouver sur l’audio. Amélie égalise le record précédent. Bravo !]

 

 

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Les secrets d’écriture d’Amélie  :

Tu as écrit sous le nom d’Amheliie puis d’Amélie C Astier, pourquoi ce changement ?

Il y a eu deux étapes. La première c’est quand on a signé en Maison d’Édition : il fallait un prénom et un nom. J’ai finalement pris mon vrai nom : Amélie C Astier.

As-tu une routine d’écriture particulière (j’ai vu que tu faisais tes trames de manuscrit sur des posts-its)?

Je suis très très organisée au niveau de travail. Je commence chaque roman avec le même processus. J’écris tout sur un cachier ou sur des notes sur mon téléphones. Ensuite une idée a un post-it. Une idée = une scène. Ensuite je les classes dans l’ordre pour faire une trame. Ça me permet de gagner du temps et de mieux visualiser. Ça me prend une bonne journée. En général quand je fais la trame, je ne reviens plus dessus ensuite.

J’écris presque tout le temps en musique, j’ai du mal à écrire en silence. La musique me permet de me plonger dans l’ambiance ou de me couper du monde. J’aime beaucoup écrire la nuit également, personne ne vient me déranger.

Être écrivain pour toi, c’est plutôt un métier solitaire ou de partage? Tu écris souvent à quatre mains avec Mary Matthews, qu’est-ce que ça change au processus d’écriture ?

C’est un processus solitaire ET dans le partage. Je rédige seule mais tout ce qu’il y a derrière, c’est en groupe. Discuter des idées, parler au public… on est toujours dans l’optique du partage. Cela dépend de la phase de conception d’un livre. On écrit un chapitre chacune avec Mary Matthews. Quand j’écris à 2h du matin, je suis seule derrière mon écran. Quand j’ai des questions sur des aspects techniques pour un manuscrit, je me tourne vers ma famille et mes proches. On vit mille vies à travers un bouquin. On parle de scènes de crimes ou d’univers qui n’existent pas… À chaque fois que je commence un roman, j’en ressors grandie et avec plus de culture générale. J’apprends toujours quelque chose en fermant un roman.

Pourquoi ne pas avoir pris un seul nom de plume pour vos quatre mains (plutôt qu’Amélie C Astier et Mary Matthews)?

Pour nous ça nous semblait normal de rester séparées. On était déjà un binôme mais on ne voulait pas le cacher. C’était déjà un gros changement pour nous de passer d’un pseudo pour les fanfictions à un « vrai » nom de plume.

Tu écris sur beaucoup de sujets différents sur une cinquantaine de romans (MC, police/FBI, Porno Arty, Armée, Journalisme, Fac, Sport, Fantasy/Vampire etc.) Est-ce tu as un univers chouchou ? (YA, NA, MM, Romance érotique ou autre.)

Dure question ! Je pars du principe que le noyau dur, c’est la romance. Les histoires d’amour font tout. On peut partir dans toutes les directions. Je suis particulièrement fan des romances MC (Bikers) car c’est un univers très complexe. J’aime beaucoup les romances LGBT également. Le dernier roman sur lequel je me suis le plus éclatée, c’est ma romance MxM paranormale, Salvation.

Ta dernière série évolue dans le monde du Porno Arty, pourrais-tu expliquer ce que c’est pour les non-initiés ?

Ça m’a ouvert le monde de la romance érotique. C’est plus détaillé de ce que j’ai l’habitude. Le challenge était d’écrire de l’érotisme, et non du porno justement. Le but n’était pas de faire un cours d’autonomie ! L’idée est partie lors d’une conférence à l’étranger où je me suis dit avec des collègues que l’industrie du Porno n’était pas représenté en littérature. On pense souvent au Porno mainstream mais il existe aussi la pornographie engagé, féministe, instructif. Il faut lever le tabou sur le sujet.

Mon grand-père lit tous mes romans. Il a d’ailleurs toujours lu des Harlequins. Au début, il était un peu choqué de ce que je pouvais écrire (c’est à dire les scènes érotiques.) On a dû discuter. Mais Agatha Christie n’a pas tué des gens pour écrire ces romans policiers. Même choses, je n’ai pas fait toutes les choses que j’ai écrit dans mes scènes érotiques ! J’ai aussi évolué avec mes bouquins. J’étais peut-être gênée à 15 ans, aujourd’hui je l’affirme. Certains bouquins ont révolutionné ma façon d’écrire.

De la même façon, même si certaines scènes sont réalistes, on ne peut pas tout écrire. On va forcément édulcorer certaines choses. Il faut que ça reste un minimum glamour. On peut écrire de la sensualité sans partir dans le « bouton magique », où la fille chante dès qu’on l’effleure. Ce n’est pas le but. Il faut essayer de remettre de la crédibilité, aborder des sujets d’actualités, la contraception etc.

Comment t’es-tu « spécialisée » dans la romance MxM ?

La romance MM (Male/Male ou Masculin/Masculin) désigne la romance gay ou LGBT+. Ces deux dernières années j’ai écrit plus de romance MM que MF (Homme/Femme.) J’ai été plus inspirée par des thématiques LGBT que hétéros. Par exemple j’ai parlé de thérapie de conversion, ou le Coming Out. Des sujets qu’on ne peut aborder que dans ce genre. Je trouve les romances hétéros plus « faciles » et « reposants ». La littérature LGBT est plus challengeante, il y a de nombreux sujets à mettre en lumière.

L’auto-édition a énormément aidé ce travail avec la littérature engagée. L’édition traditionnelle reste encore un peu plus dans les « sujets classiques » même si heureusement c’est en train de changer. Les concernés écrivent le mieux sur ces sujets, on a beau faire toutes les recherches qu’on veut, ce n’est pas pareil. Mais je m’éduque. Dernièrement, j’ai passé des heures et des heures à chercher un visuel avec un homme noir pour une couverture. J’étais choquée de voir la difficulté à trouver une image.

Tu es aussi très engagée dans le milieu associatif, est-ce que tu pourrais nous parler de la Pink Team et de la Rainbow Team ?

Je me suis lancée avec Fleur Hana, l’invitée de ton premier podcast. Il y a quelques années, Fleur avait organisé une tombola en relation avec des Maisons d’Éditions pour combattre le cancer du sein. En tant qu’autrice, j’ai participé à un recueil dont les fonds étaient reversés au Refuge. L’année dernière, pendant le confinement, on a lancé un tirage au sort et rassemblé près de 6000 euros pour la cause avec la Rainbow Team. Cette année, on réitère l’expérience avec la Pink Team. On peut gagner jusqu’à 100 livres collectors, dédicacés etc. Le projet est ouvert jusqu’en octobre !

Tu viens de sortir Salvation, un roman inspiré de l’univers de Supernatural et du couple Destiel (Dean Castiel et qui n’est pas une fanfiction !! ) Peux-tu nous parler de ton affection pour la série et de ton roman?

C’est comme les auteurs qui ont été inspirées par la série Sons of Anarchy pour leurs romans MC/sur les bikers. En ce qui concerne Supernatural, je me suis tapée 13 saisons en 2 mois pendant le confinement. Ma productivité était au top entre la série et 100 000 mots d’écrits. Les thèmes d’anges et démons et chasseurs ont déjà été abordés. Les gens ont beaucoup de mal néanmoins a faire la différence entre inspiration, copie ou plagiat. Ça a été très douloureux en tant qu’auteure de se voir coller cette étiquette. À tel point que j’ai dû changer la couverture.

Je ne voulais pas cacher mon inspiration, pour moi il n’y avait pas de polémique. Mais j’ai été très blessée de certains chroniques à charge qui se sont donné comme missions de trouver les points commun. On peut faire ça avec tous les romans, tout a déjà été fait. On a le droit de ne pas aimer un roman, mais il ne faut pas que cela devienne personnel. Je ne pourrais pas leur faire changer d’avis. J’ai mal encaissé sur le coup mais maintenant je relativise. Je n’ai jamais censuré aucun avis. Liberté de parler n’est pas liberté de blesser.

 

 

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Les conseils d’écriture d’Amélie C Astier :

Quel conseils tu te donnerais à ton toi plus jeune, ou à ceux qui veulent se lancer ?

Je dirais qu’il faut s’amuser, prendre plaisir, ne pas trop se mettre la pression, écrire pour soi avant d’écrire pour les autres. Écrire sans correspondre à la mode si on en a pas envie. Sinon ça se ressent si c’est intéressé et c’est dommage. Il faut rester toi-même, unique et sincère et s’entourer.

Tu as commencé en auto-édition mais tu également publiée dans certaines ME comme J’ai Lu ou Milady. Pourquoi ce choix pour ces romans en particuliers? En quoi l’expérience d’auteur est différente?

L’expérience en auto-édition et en édition traditionnelle est aussi différente que complémentaire. En Auto-édition on est tout‧e seul‧e de A à Z, mis à part les collaborateurs qu’on choisit. En Maison d’Édition, on a un‧e éditeur‧ice, des correcteurs, on a pas vraiment de liens avec eux. C’est un processus différent, on a pas la main sur tout. D’un autre côté, ça ouvre des portes assez fermées en Auto-édition comme être en librairie, dans le grand circuit etc. Ce n’est pas à porter de tout le monde. C’est intéressant de tester les deux au moins une fois. Mary et moi avons été publiée 3 fois en Maison d’Édition, des rééditions de tomes en auto-édition. Jamais d’exclusivité. Le premier était une romance MM pour un appel à texte. Cela nous a formé au travail éditorial et nous a aidé à nous professionnaliser. Pareil au niveau des salons, avant c’était très compliqué de faire des salons en tant qu’auto-édité‧e. Après on ne choisit pas l’auto-édition par dépit, ce n’est pas un second choix. Ce n’est pas parce qu’on a pas été signé par de « grosses maisons d’éditions » qu’on choisit l’édition indépendante. On a pas besoin de ça pour être publié‧e ou reconnue. Je suis contente d’être en auto-édition, je suis libre. On fait ce qu’on veut. C’est difficile de se voir imposer une couverture ou autre. Heureusement, tous les éditeurs ne sont pas comme ça non plus.

Quelle est ton expérience des salons littéraires en tant qu’auto-éditée/en édition traditionnelle?

L’expérience est totalement différente même si le but est le même : rencontrer ses lecteurs‧ices. En Auto-édition, comme dans l’écriture, on fait tout de A à Z : gestion des stocks, réservation du stand etc. C’est pas rien. On a pas d’éditeur derrière pour encaisser si ça foire. C’est beaucoup de boulot, c’est une charge de travail supplémentaire que lorsqu’on arrive juste à signer à une table. En tant qu’autrice signée en Maison d’Édition, Livre Paris c’est à faire au moins une fois dans sa vie. C’est aussi reposant, car on a pas de préparatifs à anticiper. Tout est un plaisir, c’est intense, mais quand on finit un salon, on sait que ça valait le coup.

Certains de tes romans auto-édités sont également traduits dans d’autres langues comme l’italien, pourrais-tu expliquer le processus d’une traduction ou conseiller ceux qui veulent tenter de toucher un autre marché ?

On aimerait les traduire un jour en anglais, mais je trouve le marché anglophone saturé, mais il ne faut jamais dire jamais. Pour l’italien, c’est une éditrice italienne qui nous a contactés. Sa maison travaille beaucoup avec des auto-édités étrangers. C’est un marché qu’on ne pensait pas avoir un jour. On a travaillé sur la traduction de quatre romans avec eux et on a même pu faire un salon en Italie !

Merci encore à Amélie C Astier pour cette entrevue. Vous pouvez retrouver la cagnotte Pink Team ici et son site internet juste ici ! À très vite pour un nouvel épisode.


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