Bienvenue dans ce tout premier épisode de Toss A Coin to Your Writer ! Aujourd’hui, j’ai l’immense honneur d’accueillir Fleur Hana, autrice de romance en tout genre.

J’ai connu Fleur Hana au temps où elle était encore éditrice et on a travaillé ensemble sur un de mes manuscrits. Tu vas vite le comprendre, j’adore les métaphores et les surtout les super-héros. Du coup si je devais la définir par un personnage de fiction… Je dirais que je vois Fleur Hana comme Diana Prince, également connue sous le nom de Wonder Woman. Fleur c’est une battante, une Amazone, qui marque par ses convictions fortes, son féminisme et son franc parlé. Cet épisode est à son image : une longue discussion pétillante, passionnée et parsemée d’autodérision. Bonne écoute !

Pour des besoins de praticité (et parce que l’épisode fait plus d’une heure et demie), tu as sous les yeux une transcription résumée et plus succincte de notre échange. Pour les blagues et les petites anecdotes, c’est sur le podcast qu’il faut se rendre !

La lecture selon Fleur :

 

TACTYW : Bonjour Fleur Hana, est-ce que tu pourrais te présenter en quelques mots ?

Je suis autrice depuis une dizaine d’années et j’écris surtout des romances. J’ai été publiée dans plusieurs maisons d’édition et c’est maintenant mon travail à temps plein.

TACTYW : Pourrais-tu nous expliquer ton parcours, à la fois scolaire et professionnel ? Qu’est-ce qui t’a mené à devenir écrivain ?

Je vais casser le mythe, mais ça n’a jamais été un rêve de gosse. J’ai fait des études littéraires, mais ça m’est venu sur le tard, à une trentaine d’années. J’ai fait une licence pluridisciplinaire de lettres anciennes (qui n’a pas grand-chose à faire avec de la romance.) J’ai fait plein de petits boulots. J’étais une grande lectrice, j’étais frustrée d’un roman et je me suis lancée. Beaucoup démarrent par la fanfiction, mais je ne connaissais pas du tout l’univers. Il y a besoin de raconter ses histoires.

TACTYW : En parlant de lecture, peux-tu nous parler de ta relation avec la lecture, comment as-tu commencé ?

Encore une fois, je casse le mythe. J’ai toujours été entourée de livres, ma maman allait souvent en librairie. J’accompagnais ma mère, mais c’est tout ! Gamine, j’étais pas spécialement dans ça. Je lisais pour l’école, mais ça me saoulait, dès qu’on m’impose un truc… on voit ça comme une corvée. Au collège-lycée, c’était cette phase-là. J’ai commencé à piquer des sagas à ma mère, comme celles des Dames du Lac, les Légendes arthuriennes… J’ai vraiment commencé à lire (gros cliché) avec Harry Potter. À la fac, c’était encore des lectures imposées. J’avais aimé lire le Seigneur des Anneaux. Grâce à Harry Potter j’ai commencé à lire et en anglais !

TACTYW : Pourquoi être partie en études de lettres si la lecture n’était pas ton truc ?

Par défaut… j’étais nulle en sciences. Je n’avais pas de projet professionnel défini et les langues n’étaient pas trop mon truc non plus, comme l’anglais avant Harry Potter. Le jour de l’inscription à la fac, j’ai dû choisir entre langues anciennes, Histoire et Espagnol. Par élimination, je me suis retrouvée avec du latin et du grec alors que je n’en avais jamais fait de ma vie ! J’ai fini ma licence, mais sans me dire que j’allais devenir prof ou linguiste.

TACTYW : Aujourd’hui, est-ce que la lecture a une part plus importante dans ta vie ? Un équilibre entre lecture et écriture ?

Je lis de tout ! J’adore tous les genres, même si forcément je lis plus de romance. C’est important d’écrire dans un genre que l’on connaît. Tu n’écris pas dans un genre que tu n’aimes pas, les lecteurs le sentent et tu ne prends pas de plaisir, il n’y a pas d’intérêt ! Depuis plus de vingt ans, je ne peux plus imaginer ne pas lire. C’est mon hobby principal.

TACTYW : Quelques conseils de livres ? Un en particulier qui t’aurait marqué ?

J’ai un top, si un jour j’atterris sur une île déserte… Ce ne sont pas forcément des titres récents, ce sont mes valeurs sûres. Il y a Le Parfum de Patrick Süskind, le bouquin me suit depuis 20 ans et il a subi un milliard de déménagements. Je l’ai lu pour la première fois vers 15 ans. À chaque relecture, le livre auteur apporte une nouvelle dimension. On arrive à sentir les mots. En tant qu’autrice se dire « si j’arrive à ce que mon lectorat soit en immersion, à réveiller les sens des lecteurs… j’aurais atteint l’objectif ultime ! »

Après, il y a Des Fleurs pour Algernon, qui m’aura fait le plus pleuré. J’aurais adoré l’écrire. J’ai trouvé l’idée géniale, cette écriture crescendo, un travail de dingue au niveau de la stylistique. Ensuite, La Nuit des Temps de Barjavel pour les histoires d’amour. Sinon j’aime le Young Adult, mais pas le larmoyant, plutôt plus léger qui raconte la vraie adolescence, sans la maladie. Tu es plus un enfant, mais pas encore un adulte. Pour moi, c’est un des plus difficiles à écrire. Tu dois happer le lecteur en tant qu’adulte tout en faisant croire que tu es un ado. Je pense à la Collection R, PKJ, Actes Sud, Sarbacane qui ont les meilleurs romans.

[Interlude du jeu « Interview Inception » pour répondre au plus de questions possible tac au tac en 1 minute. Fleur a donné 13 réponses !]

 

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Les secrets d’écriture de Fleur Hana :

 

TACTW : As-tu un nom de plume ? Comment t’est « Fleur Hana » ?

J’ai une moitié de nom de plume. Fleur c’est mon prénom, Ana c’est mon second prénom auquel j’ai rajouté un H. Hana, ça veut dire fleur en japonais, du coup Fleur Fleur (Fleur Hana) c’est assez mégalo, j’ai trouvé ça sympa. J’aimais beaucoup la culture japonaise. C’est un pseudo qui date de certains forums sur lesquels j’étais, bien avant l’écriture.

TACTW : Tu écris de la romance, mais dans plein de genres différents : Urban Fantasy, Steampunk, Chicklit, Contemporain, Young Adult… est-ce que la romance est toujours au centre de ton univers ?

Le dénominateur commun ça va plutôt être une héroïne forte en personnage principal. Mais quand j’écris à double voix, je mets l’héroïne en avant. Je n’aime pas genrée la littérature, mais on retrouve ça souvent dans la littérature dite « féminine ». Le lectorat est commun à tous ces genres. J’ai à 99 % de lectrices. J’aime mettre en avant des caractères forts qui se traduisent de façons différentes (comme dans L’Embaumeur de Montmartre, le féminisme de 1890 n’est pas le même qu’aujourd’hui, on ne peut pas aller dans des anachronismes non crédibles.) J’aime les héroïnes qui ont des faiblesses, ça ne les empêche pas d’être fortes. Le but pour moi, c’est de pouvoir utiliser l’écriture pour faire passer mes valeurs. Si je peux le faire dans des genres récréatifs et qui apportent des réflexions, c’est du bonus. Il le faire de manière subtile, ce n’est pas un pamphlet. Une comédie romantique avec du féminisme entre les lignes, un certain message subliminal. La lecture fiction de genre, sa base, c’est d’être récréatif. Ce ne sont pas des essais. Il faut utiliser sa voix en tant qu’auteur.

TACTYW : As-tu une routine d’écriture particulière ? Des grigris ?

Mes routines évoluent. Pas au fil des années, mais au fil des romans. Chaque roman va avoir sa routine. Avant, je me faisais les ongles avant chaque nouveau manuscrit ! Sinon j’ai besoin du silence complet. Maintenant j’ai un bureau séparé du reste de l’appart donc c’est parfait. J’ai tendance à me fixer des objectifs quotidiens d’écriture et à aller voir les copines autrices pendant mes pauses. Sinon à part le plan, l’organisation de base, je n’ai pas de routine particulière. Je peux avoir le bazar autour de moi, mais tant qu’il y a le silence, tout va.

TACTYW : As-tu un artiste, une muse qui t’inspire pour l’écriture ou dans ton cas, les corrections ?

J’ai une playlist relecture-correction avec des musiques cool, instrumentales ou en anglais. Pas de musique française pour ne pas m’emmêler. Y’a du Lisa Gerrard, An Pierlé, Tracy Chapman, du Massive Attack, Guns N’ Roses, Rolling Stones, Moulin Rouge, Bob Dylan, U2, Bon Iver etc. Des morceaux tranquilles. Je n’aime déjà pas du tout relire et corriger donc c’est un moment stressant et angoissant, il me faut une playlist qui m’apaise.

TACTYW : Est-ce qu’il y a un roman ou un évènement qui te rend fière, en tant qu’écrivaine ?

On Comptera Les Étoiles, mon premier Young Adult, c’était un gros challenge. Grosse pression, je ne pouvais pas me louper. C’est mon premier prix littéraire également, énorme accomplissement à ce niveau. J’ai reçu des témoignages d’ados qui l’ont lu dans le cadre scolaire avec des fiches de lectures et j’étais très touchée. Des mamans m’ont écrit également et qui voulaient le faire lire à leurs filles. Je me suis dit que j’avais accompli quelque chose, que mon intention était passée. Une erreur qui a été commise néanmoins, c’est de ne pas avoir mis de Trigger Warning au sujet de la thématique abordée, le viol. Le sujet est lourd.

Mes autres romans m’ont apporté d’autres satisfactions, mais ce n’est pas pareil. Celui-ci, c’était un challenge à tellement de niveaux. Si je devais garder qu’un roman, ça serait lui.

TACTYW : C’est très intéressant ce que tu dis à propos des Content/Trigger Warnings qui ne sont pas encore automatique chez les Maisons d’Édition.

De tels sujets peuvent te gâcher la lecture, de faire remonter des traumatismes. Avec J’ai Lu, on n’y a pas pensé à l’époque, il y a 3-4 ans. Aujourd’hui, j’en parle librement. Chez un autre éditeur, pour un roman avec un sujet similaire, j’ai exigé que la mention y soit. Certains éditeurs font passer « l’anti-spoiler » avant le bien-être psychologique des lecteurs. Beaucoup ont cette habitude de « parlez de moi en bien et en mal. » C’est un peu du business malsain.

[Discussion à propos des scandales et des bonnes ou mauvaises publicités en édition.]

Ils [les Maisons d’Édition] s’en lavent les mains. Dès qu’il y a un problème avec un auteur, le but c’est de mettre ça sous le tapis. L’auteur se retrouve livré à lui-même, il n’est plus accompagné alors qu’on lui a promis beaucoup de choses avant. Quand il y a des problèmes d’impressions, de corrections, etc. Les lecteurs ne vont pas voir les Maisons, mais l’auteur ! Pourtant, chacun son boulot. On se désolidarise totalement de l’auteur.

TACTW : Il faut également parler des échecs. Est-ce que tu as des regrets en tant qu’auteur ?

J’en ai eu des échecs, mais ils m’ont tous apporté quelque chose. Aujourd’hui ma carrière elle est ce qu’elle est grâce à tous mes échecs. Échecs, réussites, ce sont des leçons. C’est à toi de voir comment tu les prends. Chaque expérience va-t-enrichir d’une manière ou d’une autre. Pas plus tard que l’an dernier, j’ai fait un flop avec des romans en auto-édition. J’ai appris de cet évènement. Il faut se relever et se dire « bon maintenant, je fais quoi ? ». L’analogie que j’utilise le plus c’est « c’est un marathon, pas un sprint. » Tout ce que tu construis maintenant c’est pour que ta carrière toi pérenne. Le but n’est pas de pousser comme des champignons, faire un titre et ne plus entendre parler de toi, comme les stars de la télé-réalité. Quand on te monte au sommet, tu te casses la figure une fois qu’on ne te tient plus la main [en édition traditionnelle.]

TACTYW : Tu as été marraine du Prix France Loisir : Nouvelles Plumes en romance. Tu es passée d’écrivain à mentor, qu’est-ce que ça fait ?

Malheureusement, ça n’a pas été une expérience très enrichissante, car je n’ai rien eu à faire si ce n’est sourire pour une photo et prêter mon nom. Je n’ai pas voté pour un titre, je ne les ai pas lus. La marraine ne faisait pas partie du jury comme je le pensais. Peut-être que ça a changé maintenant. Comme je n’habite pas Paris, on ne m’a même pas payé le déplacement, j’ai enregistré une vidéo pour féliciter la gagnante… Que j’aime ou je n’aime pas, ce n’était plus pertinent. J’étais devant le fait accompli. Sur le papier, cette expérience sonne bien, mais en réalité je n’ai rien fait. Ce n’est pas malhonnête, mais pas très honnête non plus. J’avais hâte d’être impliquée, mais c’était une expérience déroutante. C’est dommage, quand tu es marraine tu as envie de t’investir.

TACTYW : Est-ce que tu peux nous parler de nouveaux projets pour le futur ?

Dans l’immédiat, finir mes séries en cours. J’ai réussi à récupérer les droits d’une série chez un éditeur. C’est très dur, mais c’est possible. Donc je m’occupe de la réédition ! Pleins de projets, toujours dans la romance. J’ai besoin de challenge. Un challenge : c’est ne pas décevoir son lectorat. Aujourd’hui, j’aimerais travailler avec une Maison d’Édition spécialisée Young Adult. Mon expérience avec J’ai Lu était parfaite, mais j’ai envie de travailler avec un éditeur spécialisé en littérature jeunesse. Je reste avec cette ambition qu’un éditeur YA mise sur un de mes romans. J’ai cassé deux contrats avec J’ai Lu/Flammarion, car j’avais envie d’autre chose. Mes deux rêves, ça serait PKJ et Collection R. J’ai atteint mes objectifs de début de carrière et maintenant il m’en faut d’autres.

Dans les romances à venir il y aura du rockeur, de l’Historique… je pars dans tous les sens, mais sinon je m’ennuie.

TACTYW : Tu es toujours là où on ne t’attend pas. Qu’est-ce qui te pousse à te renouveler ?

J’ai senti ça quand j’ai décidé d’écrire sur l’univers des bikers, qui n’est pas forcément féministe. Beaucoup de mes lectrices étaient dubitatives. Un de mes premiers retours a été très positif, pari réussi. J’en avais marre de lire des héroïnes soumises dans un milieu macho, dans la fiction on fait ce qu’on veut. On a des héros alpha et des héroïnes alpha. On est plus dans les années 1980, ça marche plus.

citation de fleur hana sur la situation des auteurs en édition traditionnelle

Les conseils en éditions de Fleur Hana :

 

TACTYW : Est-ce que tu as des conseils pour cell‧eux qui débutent ou ton toi d’il y a dix ans, à ton premier manuscrit ?

Well done baby! Je n’ai pas voulu aller trop vite. Le meilleur conseil que je pourrais donner c’est ne pas aller trop vite, prends ton temps. Il y a ce phénomène de FOMO (Fear Of Missing Out), la peur de louper une opportunité. L’édition, ça va vite. Il y a toujours des schémas, des tropes à la mode (les bikers, les demi-frères, etc.) Beaucoup d’auteurs se dépêchent d’écrire sur le sujet, mais la qualité s’en est ressentie, le style et l’histoire était bâclée, avec des incohérences. On réinvente jamais la roue. Ton livre sera toujours à la mode et nouveau pour quelqu’un. N’accepte pas n’importe quel contrat pour être édité, c’est louche ! Prends le temps de réfléchir. N’accepte pas tout et n’importe quoi pour que ton livre soit en librairie. Parce que ça porte préjudice à tous les auteurs. Quand tu acceptes de bosser pour rien avec des conditions atroces, tu dessers les autres. Le jour où les auteurs auront compris qu’on n’est pas en compétition et qu’on devrait s’entraider, on aura peut-être des résultats. N’hésite pas à demander conseil autour de toi sur les contrats, les clauses…

Ma génération d’auteur n’avait pas accès à beaucoup d’informations. On a appris sur le tas avec des droits d’auteurs coincés chez certains éditeurs. Des droits que notre famille ne pourra récupérer que 70 ans après notre mort. C’est important de se renseigner avant, d’apprendre à se former et de faire valoir tes droits. Si tu te plantes, ce n’est pas grave. Tu recommences.

TACTYW : J’aimerais revenir sur les contrats. On pourrait faire un podcast entier sur le sujet, mais qu’est-ce que tu penses de la rémunération des auteurs ?

La situation des auteurs en édition traditionnelle est scandaleuse. Ça commence à faire du bruit grâce à la Ligue des Auteurs professionnels. La Société des Gens de Lettres est plus discrète. L’Adhésion n’est pas la même, elle est moins accessible. Les langues ne se délient pas assez pour que ça change. Malheureusement, on ne peut pas se battre sur tout. Les négociations sont difficiles, abusives, car il y a des milliers d’autres auteurs qui attendent de signer. Aucun de mes éditeurs ne m’a retenue quand j’ai décidé de partir. Les éditeurs n’ont pas envie de se prendre la tête, de faire des concessions et de changer une situation qui est à leur avantage.

Les traditions sont poussiéreuses avec des modèles de contrats établis par les éditeurs et leurs avocats. À aucun moment ils n’ont été faits pour protéger les auteurs. Ils ne sont faits pour qu’on ne comprenne rien, ni les mots ni les clauses. Ce n’est pas accessible. C’est très malhonnête et limite au niveau de la loi. Les seuls éditeurs avec qui j’ai travaillé et qui ont des contrats respectueux des auteurs, c’est les petites et moyennes Maisons d’Édition.

Les jeunes auteurs ne sont pas informés. On les floute sur leurs droits, sur les à-valoir. Beaucoup ne comprennent pas ce qui leur est dû, sur les lois. On ne travaille pas sur le même pied d’égalité.

TACTYW : J’aimerais parler de tes différentes casquettes. Tu as été beaucoup de choses ! On demande de plus en plus aux auteurs : être bon en marketing, en réseaux sociaux, en correction, en vente, etc. Comment tu gères cette charge mentale et de travail au quotidien ?

Il y a des jours où je ne gère pas. Les 18 premiers mois de l’auto-édition, j’ai mal géré, j’ai voulu tout faire toute seule, ce qui m’a amené au burn out. Je pensais pour que tout soit bien fait, il fallait que je le fasse moi-même. Je me suis retrouvée incapable de travailler pendant 2 mois. Aujourd’hui, j’ai trouvé mon équilibre. Je délègue énormément, je pratique l’auto-édition à l’Américaine, avec une équipe. Une correctrice professionnelle, un graphiste, quelqu’un qui s’occupe et m’aide pour les réseaux et l’e-mailing. Personnellement, mon rôle c’est l’écriture et la relecture. Avant, j’avais des journées de 12 h, j’étais sur les rotules, je n’avançais pas. Aujourd’hui environ 4 à 5 h par jour, mais je suis beaucoup plus efficace. Je donne la priorité à ma famille, à ma santé. On ne peut pas tout gérer en même temps sur le long terme. Dans l’édition traditionnelle par contre, tu n’es pas sensé. e faire tout ça. En tant qu’auto-édité‧e, si tu veux faire carrière, il te faut une équipe.

J’ai suivi une formation sur l’organisation et j’ai aussi décidé de monter ma propre plateforme gratuite, avec un podcast : Écris-moi un roman. Les ateliers sont gratuits, il n’y a pas de cotisation. Du coup c’est un rythme doux, car je m’en occupe sur mon temps libre avec ma correctrice et mon graphiste. Si on veut faire carrière dans l’Édition, ce n’est pas possible d’être en édition traditionnelle, sauf si tu es l’exception à la règle. Il faut être au moins en partie en auto-édition. Depuis j’ai retrouvé mes matins et mes week-ends. Dans tous les cas, il faut avoir l’esprit entrepreneurial. Une équipe est indispensable. En tant qu’auteur, tu n’es pas le‧la mieux placé. e pour corriger ton roman seul. e et faire ta couverture. Si tu peux déléguer, fais-le !

TACTYW : Tu avais un certain lectorat grâce à l’édition traditionnelle avant de migrer vers l’auto-édition, ça peut aider pour se lancer, tu ne penses pas ?

Je peux comprendre la timidité d’investir quand on débute. La situation idéale serait de se faire un petit capital avant de commencer. La mise en page professionnelle et la correction professionnelle sont primordiales. Pour un roman moyen, il est facile d’en avoir pour autour de 5 ou 600 euros. Il faut voir ça comme une entreprise. Si tu fais un investissement jusqu’à 1000 euros, tu sais que tu vas te démener pour avoir un retour, grâce à Amazon, KDP, etc. La prise de risque est moindre, même si 1000 euros paraît énorme. Il faut s’entourer pour attirer les lecteurs grâce à la couverture notamment et mettre toutes les chances de ton côté en misant sur la qualité.

C’était vraiment un PLAISIR de discuter avec Fleur Hana et j’espère que son expérience t’aura motivé et que ses conseils te seront précieux. N’hésite pas à te rendre sur son podcast Écris-moi un roman ou sur ses réseaux sociaux ! J’ai hâte de connaître ton avis sur l’épisode et de te retrouver le mois prochain. En attendant, retrouve toutes les interviews et épisode sur la page du podcast.

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